📋 Auto-entrepreneur10 min de lecture15 janvier 2026

Auto-entrepreneur en 2026 : plafonds, cotisations, ACRE et CFE (guide complet)

Vous êtes auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur, c'est la même chose) et vous voulez savoir ce qui change en 2026 ? Ou vous envisagez de vous lancer et vous voulez comprendre comment ça marche avant de foncer ? Vous êtes au bon endroit.

On fait le tour de tout ce qui compte : plafonds de chiffre d'affaires, cotisations, ACRE, CFE, TVA, versement libératoire. Avec des chiffres concrets, pas du blabla.

Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026

Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser certains seuils :

  • 188 700 euros pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures, denrées (BIC vente)
  • 77 700 euros pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC services)
  • 77 700 euros pour les professions libérales (BNC)

Ces seuils s'apprécient sur l'année civile (1er janvier au 31 décembre) et sont proratisés si vous avez créé votre activité en cours d'année. Si vous avez démarré le 1er juillet, votre plafond est divisé par deux pour cette première année.

Attention : dépasser le plafond une année, ça ne change rien. Vous restez micro-entrepreneur. C'est le dépassement deux années consécutives qui vous fait basculer au régime réel (avec comptabilité, TVA obligatoire, etc.). Bref, si vous avez une bonne année exceptionnelle, pas de panique.

Les taux de cotisations sociales

En micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé. Pas de CA = pas de cotisations. C'est le gros avantage du régime.

Les taux en 2026 :

  • Vente de marchandises (BIC vente) : 12,3%
  • Prestations de services commerciales et artisanales (BIC services) : 21,2%
  • Professions libérales affiliées au régime général (CIPAV ou SSI) : 21,1% à 23,2% selon la caisse de retraite

Ces cotisations couvrent tout : maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG/CRDS. Un seul prélèvement, une seule déclaration. C'est la beauté du système.

Vous déclarez et payez vos cotisations sur autoentrepreneur.urssaf.fr, chaque mois ou chaque trimestre (au choix, à définir à la création).

Concrètement, combien il vous reste ?

Si vous êtes prestataire de services et que vous facturez 3 000 euros dans le mois :

  • Cotisations : 3 000 x 21,2% = 636 euros
  • Il vous reste : 2 364 euros avant impôt sur le revenu

Si vous êtes en vente de marchandises et que vous facturez 5 000 euros :

  • Cotisations : 5 000 x 12,3% = 615 euros
  • Il vous reste : 4 385 euros avant impôt (mais vous avez des achats de marchandises à déduire, que le régime micro ne prend pas en compte)

L'ACRE : -50% la première année

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) permet de diviser par deux vos cotisations pendant la première année d'activité.

Avec l'ACRE :

  • Vente : 12,3% → 6,2%
  • Services BIC : 21,2% → 10,6%
  • Libéral : ~21-23% → ~10,5-11,6%

Ça fait une sacrée différence. Sur 30 000 euros de CA en services, c'est 3 180 euros d'économies la première année.

Comment en bénéficier ?

L'ACRE n'est plus automatique depuis 2020. Vous devez en faire la demande auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant la création de votre micro-entreprise. Passé ce délai, c'est trop tard.

Conditions pour en bénéficier :

  • Être demandeur d'emploi indemnisé ou inscrit à France Travail depuis plus de 6 mois
  • Bénéficier du RSA ou de l'ASS
  • Avoir entre 18 et 25 ans (ou moins de 30 ans si reconnu handicapé)
  • Créer ou reprendre une entreprise dans un QPV (quartier prioritaire de la politique de la ville)
  • Être bénéficiaire du complément de libre choix d'activité (PreParE)

La liste complète est à l'article L5141-1 du Code du travail. Si vous ne remplissez aucune condition, vous ne pouvez pas bénéficier de l'ACRE. C'est la vie.

La CFE : l'impôt local des entreprises

La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), c'est l'impôt local que paient toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs. C'est l'équivalent de la taxe foncière, mais pour votre activité professionnelle.

Bonne nouvelle : vous êtes exonéré de CFE la première année civile d'activité (année de création). La mauvaise nouvelle : dès la deuxième année, vous devez payer.

Le montant varie selon votre commune et votre chiffre d'affaires. Pour les micro-entrepreneurs, c'est souvent le minimum de cotisation qui s'applique, soit entre 200 et 600 euros par an selon la commune. Paris est cher (~500-600 euros minimum), les petites communes rurales sont souvent autour de 200-250 euros.

Vous la payez en décembre (avis reçu en novembre sur impots.gouv.fr, espace professionnel). Vous pouvez opter pour le prélèvement mensuel pour étaler.

Si votre chiffre d'affaires est inférieur à 5 000 euros sur l'année, vous êtes exonéré de CFE. C'est intéressant si vous êtes en activité complémentaire avec un faible CA.

Le versement libératoire de l'impôt

C'est une option fiscale méconnue qui peut être très avantageuse. Au lieu de payer l'impôt sur le revenu via le prélèvement à la source (avec un taux variable selon votre tranche), vous payez un pourcentage fixe de votre CA en même temps que vos cotisations URSSAF.

Les taux du versement libératoire :

  • Vente de marchandises : 1%
  • Prestations de services BIC : 1,7%
  • Professions libérales BNC : 2,2%

Exemple : vous êtes prestataire de services et facturez 4 000 euros. Vous payez 4 000 x 1,7% = 68 euros d'impôt. C'est tout. Pas de régularisation, pas de surprise.

Condition pour en bénéficier : votre revenu fiscal de référence N-2 ne doit pas dépasser un certain seuil (environ 27 478 euros par part de quotient familial en 2026). Si vous êtes au-dessus, vous ne pouvez pas opter.

Quand c'est avantageux ? Si votre taux marginal d'imposition est supérieur à 11% (ce qui est le cas dès que vous êtes dans la tranche à 30%). Quand c'est désavantageux ? Si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 0-11%. Faites le calcul avant de cocher la case.

La franchise de TVA

En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre CA reste sous certains seuils :

  • 36 800 euros pour les prestations de services
  • 91 900 euros pour la vente de marchandises

Tant que vous êtes sous ces seuils, vous ne facturez pas de TVA à vos clients (mention obligatoire : "TVA non applicable, article 293 B du CGI") et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.

Si vous dépassez le seuil en cours d'année, vous devez commencer à facturer la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement. C'est le bazar administratif, mais c'est la règle.

Il y a aussi des seuils majorés (39 100 euros pour les services, 101 000 euros pour la vente). Si vous dépassez le seuil de base mais restez sous le seuil majoré, la TVA s'applique l'année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré, c'est effet immédiat.

Les erreurs classiques des débutants

  • Oublier de déclarer quand le CA est à zéro : même si vous n'avez rien encaissé, vous devez faire votre déclaration URSSAF (à zéro). Sinon, pénalité de 55 euros par déclaration manquante.
  • Confondre CA et bénéfice : les plafonds et les cotisations se calculent sur le CA encaissé, pas sur le bénéfice. Si vous avez 30 000 euros de CA mais 15 000 euros de frais, vous payez des cotisations sur 30 000 euros. C'est le principal inconvénient du régime micro.
  • Rater le délai de l'ACRE : 45 jours après la création, c'est fini. Beaucoup de micro-entrepreneurs découvrent l'ACRE trop tard.
  • Ne pas anticiper la CFE : en deuxième année, vous recevez un avis de 200 à 600 euros. Si vous n'avez pas mis de côté, ça pique.
  • Ne pas séparer compte perso et compte pro : au-delà de 10 000 euros de CA pendant 2 années consécutives, un compte bancaire dédié est obligatoire. Pas forcément un "compte pro" (souvent cher), un simple compte courant séparé suffit.

Combien mettre de côté ?

La règle simple pour un prestataire de services :

  • ~22% pour les cotisations URSSAF
  • ~2% pour le versement libératoire (si applicable)
  • ~5% pour la CFE + imprévus

Soit environ 25 à 30% de votre CA à mettre de côté pour les charges. Le reste, c'est votre revenu net (avant impôt si vous n'avez pas opté pour le versement libératoire).

Si vous bénéficiez de l'ACRE la première année, c'est plutôt 15 à 20%. Mais ne vous habituez pas, ça ne dure qu'un an.

La déclaration de création

Pour créer votre micro-entreprise, tout se fait en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr (le guichet unique). Vous recevez votre numéro SIRET sous 1 à 4 semaines. N'oubliez pas de demander l'ACRE dans les 45 jours si vous y avez droit.

Vous devrez aussi choisir dès la création : déclaration mensuelle ou trimestrielle des cotisations, et option ou non pour le versement libératoire. Ces choix sont modifiables, mais pas en cours d'année (sauf le versement libératoire, modifiable avant le 30 septembre pour l'année suivante).

❓ Questions fréquentes

Quels sont les plafonds auto-entrepreneur en 2026 ?
188 700 euros pour la vente de marchandises et 77 700 euros pour les prestations de services et professions libérales. Ces plafonds s'apprécient sur l'année civile et sont proratisés en cas de création en cours d'année.
Combien coûte la CFE pour un auto-entrepreneur ?
La CFE varie selon la commune, entre 200 et 600 euros par an en moyenne pour un micro-entrepreneur. Vous êtes exonéré la première année civile d'activité et si votre CA annuel est inférieur à 5 000 euros.
L'ACRE est-elle automatique pour les auto-entrepreneurs ?
Non, depuis 2020, vous devez en faire la demande auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant la création de votre micro-entreprise. Vous devez aussi remplir certaines conditions (demandeur d'emploi, bénéficiaire RSA, moins de 26 ans, etc.).
Dois-je déclarer à l'URSSAF même si mon CA est à zéro ?
Oui, absolument. Même avec un chiffre d'affaires nul, vous devez faire votre déclaration (mensuelle ou trimestrielle) en indiquant zéro. En cas de déclaration manquante, l'URSSAF applique une pénalité de 55 euros.
À partir de quel seuil dois-je facturer la TVA ?
Au-delà de 36 800 euros de CA pour les services ou 91 900 euros pour la vente. En dessous, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA (mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI" sur vos factures).

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