Lettre de démission CDI : modèle gratuit, préavis et droits au chômage
Démissionner, c'est un acte simple en apparence. Vous en avez marre, vous avez trouvé mieux ailleurs, ou vous voulez changer de vie. Mais entre le moment où vous prenez la décision et celui où vous quittez l'entreprise, il y a quelques règles à connaître pour ne pas se faire piéger.
La démission en CDI : comment ça marche ?
Démissionner d'un CDI est un droit. Vous n'avez pas besoin de l'accord de votre employeur et vous n'avez aucune obligation de justifier votre décision. C'est l'article L1231-1 du Code du travail : le salarié peut rompre son contrat de travail à durée indéterminée à tout moment.
Votre employeur ne peut pas refuser votre démission. Il ne peut pas non plus vous demander pourquoi vous partez (même s'il le fera probablement).
En revanche, vous devez respecter un préavis. C'est la seule vraie contrainte.
Le préavis : combien de temps ?
La durée du préavis n'est pas fixée par la loi. Elle dépend de :
- Votre convention collective (c'est la source principale)
- Votre contrat de travail (s'il prévoit un préavis différent, c'est le plus favorable au salarié qui s'applique)
- Les usages de la profession
Concrètement, les durées les plus courantes :
- Ouvriers / employés : 1 à 2 semaines (souvent 1 mois)
- Techniciens / agents de maîtrise : 1 à 2 mois
- Cadres : 3 mois (c'est la norme dans presque toutes les conventions)
Pour connaître exactement votre durée de préavis, consultez votre convention collective (son nom figure sur votre fiche de paie) ou demandez aux RH.
Votre employeur peut vous dispenser de préavis. Dans ce cas, il doit vous verser une indemnité compensatrice égale au salaire que vous auriez touché pendant le préavis. Vous pouvez aussi lui demander une dispense, mais il n'est pas obligé d'accepter. Si vous partez sans faire votre préavis et sans dispense, votre employeur peut vous réclamer des dommages et intérêts. C'est rare, mais ça arrive.
Comment remettre sa démission ?
La loi ne prévoit aucune forme particulière pour une démission. Techniquement, vous pourriez démissionner à l'oral. Mais en pratique, l'écrit est vivement recommandé pour deux raisons : ça fixe la date de début du préavis, et ça évite tout litige ultérieur.
Deux options :
- Lettre recommandée avec accusé de réception : c'est la méthode la plus sûre juridiquement. Le préavis commence le jour de la première présentation du courrier.
- Remise en main propre contre décharge : vous donnez la lettre directement à votre employeur (ou aux RH) et il signe un exemplaire daté. Le préavis commence ce jour-là.
La remise en main propre est souvent plus rapide et tout aussi valable. Préparez deux exemplaires identiques : un pour l'employeur, un pour vous avec la signature et la date.
Modèle de lettre de démission
Voici un modèle simple et efficace :
[Prénom NOM]
[Adresse]
[Code postal - Ville][Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable / DRH]
[Adresse de l'entreprise]À [Ville], le [Date]
Objet : Démission de mon poste de [intitulé du poste]
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner du poste de [intitulé du poste] que j'occupe au sein de votre entreprise depuis le [date d'embauche].
Conformément aux dispositions de [ma convention collective / mon contrat de travail], je respecterai un préavis de [durée] qui débutera à la date de première présentation de cette lettre, soit une fin de contrat prévue le [date estimée].
Je reste à votre disposition pour assurer la transition de mes missions dans les meilleures conditions.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
[Prénom NOM]
C'est sobre, professionnel, et ça fait le travail. Pas besoin de tartiner trois paragraphes sur vos raisons ou vos états d'âme.
Démission et droit au chômage : les règles en 2026
C'est LA question que tout le monde se pose. Et la réponse a changé.
Règle de base : une démission classique ne donne pas droit aux allocations chômage. C'est logique : France Travail (ex-Pôle Emploi) considère que vous avez volontairement quitté votre emploi.
Mais il y a des exceptions importantes :
1. La démission légitime
Certaines démissions sont "requalifiées" par France Travail et ouvrent droit au chômage. Les cas les plus courants :
- Déménagement pour suivre un conjoint muté ou qui change de lieu de travail
- Non-paiement des salaires (il faut une décision du conseil de prud'hommes)
- Actes délictueux de l'employeur à votre encontre (harcèlement avéré, etc.)
- Création ou reprise d'entreprise qui a échoué dans les 3 ans
- Mariage ou PACS entraînant un changement de résidence
- Contrat de service civique ou de volontariat
2. La démission pour reconversion (depuis 2019)
Depuis le 1er novembre 2019, un salarié en CDI peut démissionner et toucher le chômage s'il a un projet de reconversion professionnelle. Les conditions :
- Au moins 5 ans d'activité salariée continue (ou 1 300 jours sur les 60 derniers mois)
- Un projet "réel et sérieux" validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR)
- Avoir demandé un conseil en évolution professionnelle (CEP) avant de démissionner
La démarche prend du temps (au moins 2-3 mois entre le CEP et la validation du projet), donc anticipez si c'est votre plan.
3. La démission puis le droit au chômage après 121 jours
Si aucune exception ne s'applique, vous pouvez quand même demander un réexamen de votre situation à France Travail 121 jours (environ 4 mois) après votre démission, à condition d'être en recherche active d'emploi. L'instance paritaire régionale peut alors vous accorder les allocations.
Démission d'un CDD : c'est différent
En CDD, la démission n'existe pas au sens strict. Vous ne pouvez rompre un CDD avant son terme que dans 4 cas :
- Accord amiable avec l'employeur
- Embauche en CDI ailleurs (vous devez le prouver avec une promesse d'embauche ou un contrat signé)
- Faute grave de l'employeur
- Force majeure
Si vous quittez un CDD sans motif légitime, l'employeur peut vous réclamer des dommages et intérêts correspondant au préjudice subi. Méfiance.
Ce que vous devez recevoir à votre départ
Le dernier jour de travail, votre employeur doit vous remettre :
- Le certificat de travail
- L'attestation France Travail (ex-attestation Pôle Emploi), même si vous n'avez pas droit au chômage
- Le solde de tout compte (avec les indemnités de congés payés non pris, le prorata du 13e mois, etc.)
- Le reçu pour solde de tout compte à signer
Vérifiez bien le solde de tout compte avant de signer. Vous avez 6 mois pour le contester si vous repérez une erreur.
Les erreurs à éviter
Quelques pièges classiques :
- Démissionner sous le coup de la colère : une démission est en principe irrévocable. Si vous la posez en plein conflit, vous ne pourrez pas revenir dessus facilement.
- Ne pas vérifier sa clause de non-concurrence : si votre contrat en contient une, elle s'active à votre départ. Lisez-la attentivement.
- Oublier de poser ses congés : les congés non pris seront payés, mais c'est souvent plus intéressant de les prendre (pas de cotisations sociales dessus).
- Confondre démission et abandon de poste : depuis la loi du 21 décembre 2022, l'abandon de poste est présumé être une démission après mise en demeure restée sans réponse pendant 15 jours. Vous perdez vos droits au chômage. Ne jouez pas à ce jeu.
❓ Questions fréquentes
Doit-on justifier sa démission auprès de l'employeur ?
Peut-on toucher le chômage après une démission ?
Quel est le préavis pour un cadre qui démissionne ?
Peut-on démissionner pendant un arrêt maladie ?
L'employeur peut-il refuser de me dispenser de préavis ?
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